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Accueil / Lettre d'information / Promotion de la santé : le plaisir... à consommer avec modération ? Une lettre spéciale
 
 
Février 2016
PROMOTION DE LA SANTÉ : LE PLAISIR... À CONSOMMER AVEC MODÉRATION ? UNE LETTRE SPÉCIALE
DU PEPS AQUITAINE
   
     
Chaque année, le Pôle de compétences en éducation et promotion de la santé invite les professionnels du social, de la santé et de l’éducation, à une journée de conférences et d’échanges sur un thème d'actualité. Cette année la journée s’intitulait « Le plaisir… à consommer avec modération ? Expérience des uns, regard des autres ou comment prendre en compte la liberté de chacun dans les actions de promotion de la santé». Nous vous proposons de revenir sur les apports théoriques et pratiques qui ont fait de cette journée un succès.  
SOMMAIRE
     
 
POURQUOI DEVONS-NOUS PARLER DU PLAISIR ?
 

par Véronique Garguil, pôle d’addictologie CH Charles Perrens (Grrita)

Nous avons choisi le thème du plaisir pour notre 5ème journée régionale dans un mouvement de lassitude du « Fais pas ci fais pas ça », « Diminue, arrête, ralentis », « Augmente, protège »… nous entendions murmurer des « Fichez-nous la paix » avec un cri du cœur : « Et le plaisir dans tout ça ? »

Un sujet de philosophe, de psychanalyste, de moraliste, de sociologue, de promoteur de la santé, certainement !

Mais le plaisir n’a pas pu  rester seul sur scène, très vite il a fallu l’affubler de son corollaire : la modération. Est-ce à dire qu’ils ne vont pas l’un sans l’autre ? Que le plaisir sans modération courrait à sa perte ?

D’autres termes sont souvent associés au plaisir, plutôt dans des logiques de débordement ou  de régulation : gestion, équilibre, homéostasie, tempérance, addictions, abus, régulation, perte de contrôle, limite… Comme si le plaisir n’avait de cesse de se trouver encore et encore jusqu’à en perdre la raison.

Chacun compose avec lui, avec plus ou moins de réussite, de déception ou de souffrance. Comment finissons-nous pour la majorité d’entre nous à s’accorder sur ces proverbes : « Tout plaisir a une fin », ou « Il ne faut pas abuser des bonnes choses », et que se passe-t-il quand il  y a désaccord ?

Comment la promotion de la santé prend-elle en compte la condition humaine tiraillée entre plaisir et déplaisir. Les conseils d’Epicure sont difficiles à mettre en pratique, d’aucuns se perdent et ne peuvent se passer d’Hippocrate !

Cette société de l’excès rend-elle plus compliqué encore l’équilibre entre plaisirs et appétit consumériste ? Comment faire aujourd’hui entre sollicitations externes décuplées et tensions internes sans cesse tenues en éveil ?

En tant que professionnels, quelle part éducative, préventive prenons-nous sur ces questions ?  Comment chaque citoyen, chaque public que nous rencontrons nous perçoit-il dans les messages que nous délivrons ou plus simplement dans le regard que nous portons sur leur expérience avant qu’elle ne soit des « comportements » ?

Pour réfléchir à ces questions, nous avons fait le choix d’intégrer plusieurs approches.

Les promoteurs de santé forts de ces acculturations pourront œuvrer à ce que l’environnement dans lequel évoluent les différents publics, porte un regard distancé sur les habitudes de vie. Le continuum de la promotion de la santé jusqu’à l’accès aux soins pour les plus en difficulté sera ainsi possible.

Lors de cette journée régionale, nous avons accueilli des acteurs de la santé communautaire, du  social, du médico-social, du sanitaire, des intervenants en promotion de la santé, en prévention, en réduction des risques, en intervention précoce, en éducation, en soin somatique ou psychiatrique. 

C’est autour de trois comportements, également trois grandes priorités de santé  - sexualité,  nutrition et addictions - que nous avons tenté de nous accorder sur l’intérêt de ne pas balayer trop vite le plaisir au risque de voir apparaitre d’autres modalités de résolution des tensions entre satisfaction et insatisfaction.

Pour nous accompagner, quatre éclairages. Celui de la promotion de la santé (Delphine Couralet) qui ne doute pas que le plaisir EST dans la promotion de la santé ! Celui de l’approche communautaire (l’association Aides) parle « des sexualités » et non pas comme trop souvent « de la sexualité ». Celui de l’anthropologie, Jean-Michel Delile au travers de l’histoire de la fête et du plaisir de l’antiquité à nos jours revisite quelques mythes. Enfin, celui de l’approche expérientielle dont Alain Morel nous présente les enjeux du côté de l’usager.

Les intervenants de cette journée nous ont proposé un cheminement, autour de notre condition dans le monde, des mystères de notre existence, du « Comment grandir aujourd’hui entre plaisir et réalité » et des modèles qui redonnent à l’expérience, même dommageable pour la santé, sa valeur structurante et surtout sa valeur de levier vers le changement.

 

 
 
LE RETOUR DE DIONYSOS. Excès, démesure, ivresse, conduites de risques, impulsivité, adolescence
 

par le Dr Jean-Michel Delile, psychiatre, CEID, vice-président de la Fédération Addiction

La fête est le conflit des passions (excès, ivresse, licence, violence, mort), la tragédie de la vie vécue d'une manière à la fois condensée et homéopathique.

Il faut accepter que la violence, le sexe, la peur de l'autre et de la mort sont intrinsèques à l'homme et à la société.

Il y a une sagesse de l'excès dionysiaque. La fête, comme moment cristallisateur de la puissance sociétale, contient en son sein une forte charge d'excès, d’ivresse, de sexe, de mort, mais, ce faisant, elle la gère, la circonscrit, la canalise. La recherche d’excès est un des éléments constitutifs de la nature humaine, surtout à l’adolescence, trop vouloir l’ignorer ou la contraindre peut conduire à la rendre encore plus périlleuse.

L’enjeu est donc d’identifier des interventions qui peuvent accompagner les expériences dont les adolescents ont besoin pour devenir adultes tout en les protégeant des dommages pour leur santé et leur développement.

Trois types d’intervention, permettant une approche globale des jeunes dans leur environnement, sont le plus souvent présents dans les programmes validés comme efficaces :

  • le développement des compétences psychosociales des jeunes (gestion des émotions, prise de décisions, estime de soi),
  • et de leurs parents (amélioration de la communication, gestion des conflits),
  • les stratégies à composantes multiples (intégrant au niveau local d’autres acteurs que l’école et les parents en plus du développement des compétences des jeunes et des parents),
  • Il existe également d’autres types d’interventions : les interventions d’aide à distance (ordinateur ou téléphone mobile); les campagnes dans les médias (notamment pour la réduction du tabac) ou encore les actions législatives et réglementaires visant à limiter l'accès aux produits addictifs.

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X.Y.SEX, LA SEMAINE DES SEXUALITES. Un exemple en Aquitaine d’action en promotion de la santé centrée sur le plaisir
 

par Raphaël Seine, Aides Aquitaine

Comment remobiliser les communautés prioritaires (hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes et migrants) saturées et lassées des messages «mécaniques»  vus sous l’angle de la contrainte, voire de la morale, sachant qu’« il est difficile d’aborder les questions de prise de risque, sans les mettre en balance avec les bénéfices attendus, le plaisir attendu, le plaisir donné, les conséquences affectives et les impacts sur la qualité de vie sexuelle des personnes » ?

L’objectif est d’aller encore plus loin dans notre capacité à mettre le plaisir au centre de nos entretiens de prévention.

« X.Y.Sex, la semaine des sexualités » est un évènement qui fait la jonction entre la quête de plaisir sexuel et l’envie de prendre soin de sa santé. Il s’agit de parler du plaisir recherché, de la pratique en elle-même, des techniques, des fantasmes, ce qui permet d’amener la réflexion sur l’atteinte du plaisir en intégrant des comportements de réduction des risques.

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LE PLAISIR EST DANS LA PROMOTION DE LA SANTE
 

par Delphine Couralet, Ireps Aquitaine

En résumé, «le plaisir, c’est faire et être avec les autres».

La promotion de la santé est une logique d’intervention qui permet d’agir sur tous les déterminants de la santé des individus et des populations sur lesquels il est possible d’agir : facteurs liés au style de vie personnel, intégrés dans des interactions sociales et dans un environnement physique, économique, culturel et politique. La promotion de la santé est une approche écologique et transversale, basée sur le principe que les milieux de vie quotidiens des individus ont un impact sur leur santé.

Si le plaisir est dans la promotion de la santé, car ce terme apparait deux fois dans la Charte d’Ottawa, il semble que la promotion de la santé doive également se développer dans le plaisir…

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PLAISIR ET DEPLAISIR, l'expérience au cœur de la prévention
 

par le Dr Alain Morel, Oppelia

Comment sortir des impasses de la prévention conventionnelle basée sur deux conceptions inopérantes : l’addiction est une maladie (prévention par les dangers) ; la drogue est un fléau et une déviance (prévention par l’interdit). Il y a un déni de la part de satisfaction et d’adaptation des conduites addictives, et un déni des capacités d’autocontrôle : la prévention intervient à contretemps (quand le problème ne se pose pas) et à contre-courant (alors que l’usager en tire des bénéfices) sans lui donner les moyens d’agir autrement que de nier.

Si SOIGNER vise les souffrances provoquées, PREVENIR devrait s’intéresser surtout aux satisfactions recherchées (plaisir, soulagement, socialisation) et aider à mieux maîtriser/limiter les risques.

Comment aborder le plaisir en prévention ? L’intégrer dans une approche globale (non centrée sur les produits) quant à la façon de chacun de rechercher le bien/mieux être dans ses expériences de vie, repérer que le plaisir est subjectif, relatif, faire émerger ce qui pour chacun fait diminuer ou augmenter le plaisir, identifier la frontière ténue entre plaisir et déplaisir.

L’intervention présente l’exemple de Primavera, programme de prévention des conduites à risques et addictive en école et collège.

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TABLE RONDE avec différents intervenants
 

Animation de la table ronde : Isabelle Blazy, Cacis

AVEC Julie Collombat, diététicienne-addictologue, pôle d’addictologie CH Charles Perrens

Sylvie Marty, diététicienne-nutritionniste, coordinatrice des classes du goût en Aquitaine

Sylvie Vieu, directrice école maternelle Bellegrave Pessac

Christiane Milien, volontaire de l'association Aides Gironde

TABLE RONDE avec différents intervenants en éducation, éducation pour la santé et éducation thérapeutique du patient autour des questions suivantes :

Comment le plaisir est-il intégré dans les actions d’éducation et de promotion de la santé ?

Le plaisir en 3 dimensions : physique, psychologique et sociale. Quelles que soient les thématiques des actions, l’idée est de partir du plaisir ressenti par la consommation ou la pratique et d’y intégrer des éléments de réflexion concernant la santé. 

Comment le plaisir peut-il augmenter l’efficacité des actions ?

En renforçant la participation des bénéficiaires des actions au choix des objectifs des actions et des méthodes pédagogiques, ceci permettant de replacer la recherche de plaisir à la fois comme un objectif de l’action et comme un principe d’action.

En quoi le plaisir peut-il permettre de réduire les inégalités sociales de santé ?

Co-construire les actions avec les bénéficiaires, de l’analyse de la situation à l’évaluation, est un des principes permettant de réduire les inégalités sociales de santé.

 

 
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Notre objectif : promouvoir la santé, de manière équitable sur tout le territoire, en renforçant la compétence des acteurs, en favorisant le partage et la mutualisation, en visant l'harmonisation des pratiques et en optimisant les ressources disponibles